6 mois de résidence à Macao, les premiers mois sont passés évidemment très vite, à cause de toute la nouveauté de ma nouvelle vie, et de la phase de création du spectacle très prenante.
Le spectacle roule maintenant, nous jouons à 19h et 22h, il faut que je pointe à 17h pour les essais de son, puis j’ai une demi-heure libre, puis une heure pour me maquiller et m’habiller. Je sors du théâtre vers minuit.
Le dimanche, les horaires sont 16h et 19h, et on sort à 21h. Relâche le lundi.
Le challenge actuel est de jouer tous les soirs la même musique. Le plus difficile est que je ne peux même pas me nourrir du spectacle lui-même, car je le suis sur un écran télé, en caméra fixe plan large, donc je ne me rends pas du tout compte de ce qu’il se passe réellement sur scène. Ce n’est qu’en descendant sur scène lors de mon intervention sur “Rola Bola” qui je me rends compte si le public est chaud ce soir là.
Le jeu consiste pour moi à jouer le plus différent possible, tout en respectant les mélodies imposées… jusqu’à ce que le chef d’orchestre me rappelle à l’ordre. J’ai quelques morceaux d’accompagnement relativement libre où je change à chaque fois, et un solo de 16 mesures de Kaval à la fin du spectacle, où j’essaie de donner le maximum (mais c’est tellement court qu’il faut être très rentre-dedans).
J’ai une pause d’environ 10 mn lors de deux morceaux dans lesquels je ne joue pas, et je sors de ma boite à musiciens pour lire “The power of now” en anglais. Il m’est déjà arrivé de m’endormir, mais j’ai l’instinct de me réveiller pile pour attaquer le prochain morceau.
Les relations avec Steve le chef d’orchestre sont bonnes. Autant ça a été difficile pendant la période de création parce qu’il était très stressé, autant maintenant il plaisante dans son micro (il est dans une autre pièce et nous les regardons sur écran). Il nous fait des petites surprises de temps en temps, du style nous rajouter un solo pas prévu, ce qui est très bien pour ne pas s’endormir. Et bien sûr, il y a les aléas du spectacle, avec des transitions entre numéros plus ou moins longues que l’on doit combler. Et puis, il y a de temps en temps les problèmes techniques, l’ordinateur principal qui contient toutes les boucles et la structure des morceaux, qui se met à dérailler. C’est ce que je préfère, et je m’attends à ce qu’un jour on soit obligés de jouer sans l’ordi… mais faut pas trop rêver, il y a un ordi remplaçant.
Les aspects positifs… l’ambiance générale, les relations avec artistes, techniciens, et la direction. C’est une grande famille. Il y a de tout, ceux qui râlent et se plaignent, ceux qui rigolent tout le temps. C’est une opportunité unique de côtoyer autant de nationalités différentes. La direction a eu l’intelligence d’employer quelques locaux : des techniciens décors accessoires, des costumières, une technicienne son qui vient de Hong-Kong, une assistante de direction qui est native de Macao mais ayant vécu en Angleterre. Toutes ces personnes sont le pont qui nous permet de connaitre un peu mieux le pays et ses coutumes, sans ça nous resterions uniquement entre expatriés.
Mon contrat de deux ans commençait à la première, soit le 28 Aout 2008.
J’imagine que j’ai encore plein de choses à découvrir, j’ai le temps…
La semaine prochaine est notre première semaine de vacances. Je vais en Thaïlande avec mon collègue Conrad.








