La mer argentée se fond dans le ciel blanc, pas de ligne à l’horizon.
La saison chaude et humide arrive avec ses pluies et ses typhons.
Hier soir dans le club branché de Macao, je discute avec mes collègues Sylvia et Janina, dans un brouhaha d’enfer.
“Alors, tu te plais à Macao?”
Je fais un signe mitigé, mais OK.
“Et tu aime ton boulot?”
Je répond : “au début c’était très dur, maintenant c’est très cool.”
Ce matin, j’y repense:
Deux collègues du spectacle Zed de Tokyo sont venus nous voir, et j’imagine la vie à Tokyo… Je crois que je préfère quand même Macao, qui est comme un grand village. Du moins, c’est une bonne transition depuis mon ancienne vie. Mais je compte bien aller visiter Tokyo!
Mon boulot : c’est vraiment à prendre comme un boulot. Ce n’est pas le lieu ou je peux m’exprimer en tant qu’artiste, on m’emploie pour remplir un rôle spécifique, qui n’est qu’une infime partie de mes capacités. La plupart des artistes ont d’ailleurs le même sentiment : celui d’être sous-employés. Une fois que c’est compris et accepté, on peut voir tous les aspects positifs: bonne ambiance, bon rapport avec nos supérieurs (entreprise très pyramidale), et finalement emploi du temps relativement léger avec très bon salaire. Les musiciens se rappellent le temps et l’énergie dépensée en tournées, ici on est à 10mn du théâtre et la balance son ne prend que 15 mn.
Et enfin, le coté routinier peut aussi être vu positivement : j’apprends à jouer certaines mélodies fixes sans en changer une note, mais en variant les interprétations à l’infini. Et j’ai heureusement des parties libres, qui ne sont jamais deux fois la même, même après plus de 200 représentations.