A gauche Yanina de Buenos Aires, à droite Zaia la star, Kaleen
Les week-ends sont plus fatigants que la semaine de boulot.
A gauche Yanina de Buenos Aires, à droite Zaia la star, Kaleen
Les week-ends sont plus fatigants que la semaine de boulot.
jeudi 29 mai, 10 h 28
La Presse Canadienne
MACAO – Le premier spectacle fixe du Cirque du Soleil en Asie portera le titre de “Zaia”. Ce spectacle sera présenté au Venetian Macao-Resort-Hotel à Macao, en Chine, le 28 août, pour coïncider avec le premier anniversaire de l’ouverture de l’hôtel. Les représentations d’avant-première débuteront le 26 juillet.
Le nom du spectacle, Zaia, est tiré d’un prénom grec signifiant “la vie”. Il rappelle la mythique Gaïa, déesse grecque de la terre et symbole de l’équilibre écologique planétaire.
Le spectacle racontera le rêve d’une jeune fille qui entreprend un voyage imaginaire dans l’espace. Au fil de son périple céleste, elle découvrira les beautés de l’humanité, qu’elle reviendra partager avec les habitants de la Terre.
C’est un spectacle où se mêlent danse, mouvement et acrobaties aériennes.
La production sera présentée dans un théâtre de 1800 places. Les coûts liés à la création du spectacle et à la construction du théâtre s’élèvent à plus de 150 millions $ US.

ZAIA est le nom du show qui nous a été révélé hier.
Zaia, c’est la vie, avec une allusion à Gaïa, la terre.
Aujourd’hui avait lieu la conférence de presse de présentation du spectacle en grande pompe.
Trois numéros ont été exécutés, la musique était pré-enregistrée, les musiciens n’ont eu qu’à faire le salut final avec tous les artistes et le staff des créateurs. Belle ambiance de fête, et beaucoup d’espoir pour le premier show du Cirque du Soleil en Asie.
Hier, séance d’essayage de nos costumes de scène : complet veston noir avec queue de pie, bariolé de motifs orange. De voir l’orchestre des musiciens costumé comme ça nous a rappelé que nous travaillons dans un cirque… Et encore ce n’est rien, après nous serons complètement maquillés.
Mais patience… dès que j’ai des photos…
Ce soir, la direction va nous révéler le nom officiel du show.
Demain, conférence de presse devant 400 journalistes. Il y aura deux ou trois numéros du spectacle, la musique sera pré-enregistrée, les musiciens seront juste présents au salut final (en costumes mais non maquillés).
Pour l’instant, nous sommes de loin ceux qui travaillent le moins, comparé aux acrobates, danseurs, voltigeurs et clowns … sans parler des techniciens.
Bon, midi et demi, je vais doucement me mettre en route pour aller bosser.
Dehors, c’est l’été. 30°C, 85% d’humidité, des averses chaudes et un ciel complètement blanc foncé.

Processus de création : vitesse de croisière.
Nous travaillons maintenant l’après-midi, de 14h à 20h ou 22h, des fois 19h. Il m’arrive de ne pas voir les musiciens de l’autre box de la journée, même si on passe des heures à répéter ensemble. L’ambiance est bonne. La compositrice est arrivée de Montréal, elle nous donne des indications, nous manquions jusqu’à présent de direction artistique, donc c’est bien. Les retours casques s’améliorent, j’ai maintenant des “inear”, petits écouteurs qui s’incrustent dans l’oreille, qui sonnent très bien. Et notre ingé son retours fait des efforts, parce qu’au début, on n’était vraiment pas contents. J’ai du râler plusieurs fois pour avoir une réverb stéréo dans mon retour, et ça y-est, ça me change la vie, le chef d’orchestre a plaidé en ma faveur.

J’ai pu aller écouter en salle un morceau dans lequel je ne joue pas… et là… j’ai été scotché! Le son en salle est absolument gigantesque, fabuleux de puissance, précision, ampleur! Je n’ai jamais entendu ça!
C’est au moins très utile de savoir que l’on sonne si bien, même si lorsqu’on joue, nos retours ne sont pas du tout aussi bons.
Ceci-dit, le boulot de notre technicien retour n’est pas facile : gérer simultanément 9 mixes casques différents, avec 9 musiciens qui râlent en même temps pour demander plus de ceci et moins de cela …

Parfois, nous avons des longues poses (problèmes techniques à régler…) pendant lesquels on peut voir l’avancement des numéros. Aujourd’hui, c’était un numéro de trampoline et danseurs, et ça commence vraiment à s’approcher des conditions réelles de spectacle : la plupart étaient costumés et maquillés. Et franchement, ça jette!
Avant-hier, c’était un autre numéro avec des ice-bergs qui tournent sur la scène, notre violoncelliste qui joue de la viole de gambe, les chanteuses, et le numéro de “main à main” par un couple russe équilibristes et contorsionnistes (que j’avais photographiés à Montréal ici). Et un énorme ours polaire blanc, plus vrai que nature, dans lequel il y a deux personnes pour le faire marcher et bouger.
La scène était surréaliste : ils étaient plusieurs techniciens à guider l’ours (qui ne voit pas très clair) pour le positionner à l’endroit que demandait le metteur en scène. Les techniciens étaient très sérieux… ce qui rajoutait un aspect très comique… surtout quand l’ours s’est avancé pour mordre la contorsionniste qui a hurlé de peur.

Dimanche dernier, rituel sur la plage : célébration du décès du compagnon d’une danseuse de la troupe, danseur également, mort subitement d’une crise cardiaque la semaine précédente. Même s’il ne faisait pas partie du show, il était présent et très apprécié de tous, joyeux et communicatif. Tous ont été très choqués par cette disparition subite.
J’ai pu vraiment sentir la “l’esprit de famille” du cirque, rassemblés et présents, artistes comme directeurs.
Maria a chanté une chanson demandée par le meilleur ami du défunt, que j’ai accompagnée au bouzouki, puis il y a eu quelques belles paroles sur le défunt et sur la vie elle même.
Une occasion de se rappeler que la vie est une cadeau.
La danseuse en question était rayonnante de beauté et de maturité.